03 décembre 2008

Lever de soleil

Tirée du lit à 5h30 pour raccompagner une copine à l'aéroport. Dans le train qui me ramène chez moi, je tourne les premières pages de Paris est une fête d'Hemingway, qui me parle des quais de la Seine et du boulevard Saint-Michel. Du Scorpions aux oreilles (pourquoi ce groupe m'évoque autant l'allemagne ?), encore un peu endormie Le train file sur la frontière entre la nuit et l'aube. A gauche bleu profond, à droite jaune et rose. Et j'ai vu le soleil se lever sur Berlin.

Maintenant la neige tombe et je ne le reverrai pas avant un mois.

26 novembre 2008

Hellboy II

18968273_w434_h_q80.jpg C'est grand, c'est rouge, ça n'a pas très bon caractère et ça ressemble fort à un nanard. Oui, mais non.

Comme d'hab, je me suis retrouvée là un peu par hasard. La bande-annonce avait l'air sympa, et j'ai décidé ma petite goth à m'accompagner en lui faisant remarquer la musique était de Rammstein (Mein Herz brennt pour être précise) - de l'importance des arguments les plus simples.

Je ne m'attendais à rien de spécial, mais j'ai adoré, en  vrac :

-le personnage de Red, Hellboy, brute bourrue en mal d'affection, et sa relation avec sa femme Lily (même si je n'ai pas échappé à la question : mais comment font-ils ?)

- la galerie de créatures mythiques, toutes plus réussies les unes que les autres, mention spéciales pour les tooth fairies (les fées des dents anglaises, mais la traduction en "petites souris" gâche l'effet, puisque ce sont de charmantes bestioles aux bouches de piranhas) et pour l'ange de la mort, on reconnait là le style de Guillermo del Toro, par ailleurs réalisateur de l'étrange Labyrinthe de Pan.

- le scénario, assez bateau, mais suffisamment bien ficelé et plein d'humour pour que ça passe sans problème. Avec même un petit débat à la clé : comment choisir entre celle qu'on aime et le reste de l'humanité (je trouve d'ailleurs la réponse assez étrange dans pour un block-buster américain)

- les méchants qui ressemblent aux Wraiths de Stargate Atlantis et des effets spéciaux et visuels bluffants.

Bref un très bon moment de détente, évidemment pas le film de l'année, mais je ne regrette pas d'y être allé !

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25 novembre 2008

Santiago, Mike Resnick

2006santiago.jpgDe Mike Resnick je garde un très bon, quoique très lointain souvenir de La belle ténébreuse – en gros je me souviens de la couverture et que ça m’avait bien plût. Depuis j’ai lu Kirinyaga, son recueil de nouvelles autour d’une utopie africaine, couronné de prix, que je n’avais pas du tout aimé.

C’est donc par curiosité que j’avais pris au boulot son Santiago, sous-titré Un mythe du lointain avenir. Pour résumer l’intrigue, je laisse la parole à la quatrième de couverture. « Sa mère était une comète, son père un vent cosmique… Ainsi parle la légende qui entoure cet insaisissable et mystérieux criminel. Sa tête a été mise à prix pour une somme qui fait rêver tous les aventuriers de la galaxie, mais personne ne l’a jamais vu. Son nom : Santiago. »

Pour une fois, l’étiquette de western galactique est tout à fait adaptée, pusiqu'on est en présence d'un criminel recherché par des chasseurs de prime, à la fange de la galaxie (la Frontière, terme qui sonne très Far West). On les suit donc au gré de leurs alliances crapuleuses, dans les tripots les plus mal famés de la galaxie où ils sont toujours prêts à dégainer ou à engager la bataille.

L’intérêt de l’ensemble ? Très léger à mon sens, c’est un road-trip galactique sympathique mais sans grande surprise…même la « révélation » finale n’est pas vraiment accrocheuse - mais pleine de bons sentiments néanmoins.

Pourtant il y a, au début de chaque chapitre, ces quatre vers, écrits par un poète qui s’amuse à peindre les personnages hauts en couleur de ce western. Mais, et peut-être est-ce dû à la traduction, il ne m’ont pas frappé. Un exemple :

« Il est plus que grand, il est plus que fort

Pire que mauvais et bien pire encore…

Il boit tôt le matin et tard le soir :

C’est Homme Montagne, prompt à la bataille »

Conclusion : j’ai passé un bon moment, malgré le côté répétitif de cette cours poursuite galactique, mais je n’en garderai pas un grand souvenir…

16 novembre 2008

Une semaine au théâtre

Cette semaine aura été marqué par le théâtre. Mardi j'étais en France et mon petit frère m'emmenait à la Comédie Française voir Figaro divorce. Samedi j'avais eu des places pour Le soleil ni la mort ne peuvent se regarder en face à la Schaubühne, un théâtre berlinois, où j'ai traîné la Danseuse. Pourtant difficile de faire plus différent que ces deux pièces.

figaro_divorce_imagesfilm.jpgA Paris, donc, après s'être marié (pour moi en janvier, avec la Danseuse), Figaro finit par divorcer. La pièce est d'Odon von Horvath, dont j'avais vu Le Belvédère, contrainte et forcée (il fut un temps où je n'aurais imaginé aller au théâtre de mon propre chef. Jamais, jamais). Elle fait suite au Mariage de Figaro de Beaumarchais - ça a un petit côté rédaction de collège : racontez la suite du texte dans le style de l'auteur. Sauf que là on est assez loin de Beaumarchais. J'avais quitté un Figaro pétillant, je retrouve un être assez veule, qui fuit la révolution avec Suzanne, le Comte et la Comtesse, avant de s'embourgeoiser en coiffeur dans un village perdu quelque part dans les Alpes.

La pièce n'est vraiment pas gaie : Figaro n'a vraiment plus le beau rôle, Suzanne devient desespérée et méchante, le Comte est ruiné et la Comtesse, attention spoiler, comme l'avait prédit mon frère, finit par mourir en sainte. La fin est assez abrupte, et franchement j'ai du mal à la considérer comme une happy end.figaro_divorce.jpg

Quand à la mise en scène, elle reste globalement "classique" sur la première partie. Par contre, après l'entracte, on est plongée dans une ambiance qui m'a fait terriblement pensé au film Cabaret (évocation déjantée de l'Allemagne des années 30 que ma goth adore). Tout à coup Suzanne se transforme en serveuse à la limite de la prostitution dans un bar tendu de rouge, tandis que Figaro aborde chemise brune et moustache hitlérienne. Pas vraiment rigolo.

Malgré tout j'ai passé un bon moment - où plutôt je ne l'ai pas vu passer, les trois heures de la représentation ont filé en un éclair. Mais ça ne restera pas dans mes annales de ce qui se fait de mieux au théâtre (si je devais faire un top, ce serait plutôt Beaucoup de bruit pour rien au Théâtre de la Ville, Cyrano de Bergerac et Juste la fin du monde au Français). Anyway, je serai aller voir bien pire que ça rien que pour le plaisir de passer une soirée avec mon petit frère !

 

schaubuhne(1).jpgCôté Berlin, c'était donc Le soleil ni la mort ne peuvent se regarder en face (la traduction allemande est plus claire : Der Sonne und dem Tod kann man nicht ins Auge sehen). La citation est attribuée à Héraclite et rappelle le mot d'Epicure "la mort, n'est rien pour nous, puisque lorsque nous existons la mort n'est pas là et lorsque la mort est là nous n'existons pas" (et hop, j'ai réussi à replacer l'une des Lettres à Ménécée, youhou !)

Sinon, de quoi ça parle ? De la généalogie d'Oedipe, à travers trois destins : celui de Cadmos, qui partit à la recherche de sa soeur Europe enlevée par Zus, mais ne l'a jamais retrouvé et en a profité pour fonder la ville de Thèbes (pas celle d'Egypte - l'autre) ; celui de son arrière petit-fils Laïus qui avait visiblement quelques problèmes avec les jeunes garçons ; et enfin celui d'Oedipe, la dernière génération de cette famille assez spéciale.

Dis comme ça, ça avait l'air plutôt sympa - surtout que la Danseuse et moi avions cru comprendre que ce serait en français, ouf ! Première surprise, en arrivant à la Schaubühne, un théâtre situé sur KuDam, une des plus célèbres avenues de Berlin, on nous explique que la pièce n'a pas lieu dans la salle de théâtre même, mais dans un studio de l'autre côté de la rue. En fait on dirait plutôt l'entrée d'un squat, mais après tout on est à Berlin... A l'intérieur une salle minuscule, les spectateurs du premier rang sont quasiment sur la scène avec les acteurs. Au moins ça rappelle à la Danseuse le temps héroïque où elle jouait dans des théâtres de banlieue...

Dersonne.HeikoSchaefer07_main.jpgQuand la pièce commence, moment d'effroi : c'est en allemand ! Finalement on a compris le gros de l'intrigue, heureusement qu'on avait quelques repères en mythologie grecque auxquels se raccrocher ! Parce que bonjour les contresens - quand Laïus explique qu'il est amoureux, j'ai mis longtemps à comprendre que l'objet de sont affection n'était pas une femme mais un jeune (trop jeune) garçon... aussi, si les grecs n'avaient pas des prénoms si étrange ! Il faut qu'on se procure le texte de la pièce (en français !) parce qu'on a dû passer à côté de pas mal de choses ! Et certains passages paraissaient très beau (le Mensch, Montrum, Mensch !)

derSonne.HeikoSchaefer02_main.jpgCe qui n'a pas aidé à la compréhension, c'était la mise en scène. Cinq acteurs pour jouer une bonne quinzaine de personnages - j'ai mis du temps à comprendre qu'ils changeaient de rôles au milieu de l'action ! Quoique l'acteur le plus âgé était vraiment bon, créant par son jeu, tour à tour,  un roi coléreux, le devin aveugle Tirésias et un trop brave homme. Quant à la mise en scène... l'exact opposé de la Comédie Française. En guise de décor, un canapé, une table, un frigo, je n'ai toujours pas compris le rapport. Pas de costumes, mais des vieux pulls informes que personne n'oserait mettre - y en a même un qui, pour des raisons inconnues, finit en slip. Et des jeux d'acteurs réduits au minimum.

Bref, ça m'a pas plût. Je pense que la pièce méritait mieux - au niveau de sa mise en scène, mais aussi de ma compréhension. Bon au moins avec la Danseuse, on peut se considérer comme héroïques : on a vu une pièce de théâtre moderne en allemand, youpi !

11 novembre 2008

à voir Paris si beau dans cette fin d'automne

IMGP1193.JPGLes retours en France ont une fâcheuse tendance à me rendre schizophrène.

Car une fois à Paris, il a suffit de pas grand chose : photographier ma ville si belle quand le soleil perce derrière les nuages, aller manger avec Tichou, voir mon frère et me rendre compte combien il m'avait manqué, être bien dans mes baskets et ne plus avoir besoin de faire d'efforts...

...et toutes mes jolies certitudes sur Berlin se sont bien évidemment cassées la gueule. Maintenant je ne sais plus ce que je préfère, qui j'aime, ce que je voudrais faire plus tard et où je voudrais être. C'est malin. Je ne ne devrais pas, je n'aurais pas dû rentrer. Au final, même si c'est agréable, ça me fait plus de peine qu'autre chose.

Heureusement demain je vais au théâtre avec le plus gentil des frères. Comme pour oublier que le lendemain on se lèvera tôt pour que je prenne mon avion.