02 décembre 2009

Cendrars

En ce temps-là j'étais en mon adolescence

J'avais à peine seize ans et ne me souvenais déjà plus de mon enfance

J'étais à 16 000 lieues du lieu de ma naissance


Ce n'est qu'une enfant, blonde, rieuse et triste,

Elle ne sourit pas et ne pleure jamais

Elle est douce et muette, sans aucun reproche,

Avec un long tressaillement à votre approche


Car elle est mon amour et les autres femmes

N'ont que des robes d'or sur de grands corps de flammes


Effeuille la rose des vents

Voici que bruissent les orages déchaînés

Les trains roulent en tourbillon sur les réseaux enchevêtrés

Bilboquets diaboliques

Il y a des trains qui ne se rencontrent jamais


La prose du Transsibérien et de la petite Jehanne de France

23 novembre 2009

L'avare

L'Avare Podalydès Brigitte Enguerand.JPGJ'avoue que voir L'avare à la Comédie française n'était pas ma priorité de la saison. La pièce a pour moi un petit parfum scolaire, et ce n'estque devant l'insistance de Nane que j'ai dégoté mercredi soir des places à l'avant-scène (vue imprenable sur les postillons !).

Mais j'ai été agréablement surprise. Ce n'est pas ma pièce préférée de Molière, mais j'avais oublié une bonne partie de l'intrigue (un père avaricieux prive ses deux enfants de toute liberté dans leurs choix amoureux). Par contre je conais encore par coeur les tirades que j'ai jouées "J'ai l'intention, Maître Jacques..." et la fameuse apostrophe "Au voleur, au voleur, à l'assassin, au meurtrier..."521c7c28435e4d6f884b8f0339a49433.jpg

Denis Podalydès campe un Harpagon virvoltant, génial, sa "danse de la cassette" finale m'a fait pleurer de rire. Face à lui, les actrices qui tiennent les rôles de Mariane et Elise crient trop à mon goût, mais Valère est parfait. Il y a même une appartition de mon Pierre Louis Calixte préféré en valet, que demander de plus ?

Bref, allez-y, vous allez vous amuser !

cfa0caf0-ad19-11de-a6dc-b648764ea0a5.jpg

22 novembre 2009

Il peut pleuvoir...

Au début ce devait être un film japonais vendredi soir avec Nane. Elle est arrivée trop en retard à la séance, on a été dîner. Elle m'a proposé en rigolant de retenter notre chance le lendemain, avec deux amis à elle. Dans le programme chargé de ce samedi, ça allait être tendu pour moi, mais pourquoi pas !

Nane m'a prséenté ses amis. On a donc vu un film lent, triste et beau. Puis on a visité une expo en tournant les pages du catalogue "d'un air inspiré". Ils m'ont expliqué les règles d'un match de sumo.

On est allé prendre un café. On est restés regarder le match de rugby avec des bières. On était de plus en plus joyeux, on a parlé Japon, sport et bêtises. On a échoué au mcdo. J'ai regretté de devoir les quitter pour une absurde pendaison de crémaillère.

Bref on arrivait pas à se quitter. Merci Nane et Jo.

Et depuis c'est ça :

Il peut pleuvoir sur les trottoirs des grands boulevards

Moi je m'en fiche : j'ai ma mie auprès de moi

17 novembre 2009

Des bibliothèques pleines de fantômes

Des bibliothèques pleines de fantômes.jpgDe ce petit essai de Jacques Bonnet, assez disparate, je n'ai gardé que quelques citations.

"La parfaite maîtresse de maison veillera à ce que les oeuvres des auteurs hommes et femmes soient décemment dissociées et placés sur des rayons séparés.

Leur proximité sauf à être mariés ne pouvant être tolérée."

Règlement d'une bibliothèque anglaise de 1863

L'imaginarium du Docteur Parnassius

19187319.jpg-r_760_x-f_jpg-q_x-20091022_020321.jpgBon, le scénario n'était pas si original, comme l'ont noté mes amis. Daccord je ne connais rien à Terry Gillian, à la différence de mes tout nouveaux collègues. Mais j'ai beaucoup aimé son Imaginarium du Docteur Parnassus.

Le vieux Docteur Parnassus directeur d'une troupe de théâtre aussi hétéroclite que restreinte, a conclu un pacte avec le 19110346.jpg-r_760_x-f_jpg-q_x-20090522_040440.jpgdiable. A la veille des seize ans de sa fille, il tremble de devoir la livrer au démon. Cependant la troupe continue à faire son spectacle suranné, dans sa roulotte miteuse, quand sa route croise celle d'un mystérieux pendu amnésique. La fille du Docteur devra alors choisir entre son ami de toujours Anton et ce nouveau venu qui fascine les femmes.

On trouve de tout dans ce film : des costumes magnfiques, un nain hilarant, un personnage qui change de visage (Heath Leather étant décédé au cours du tournage, Johnny Deep, Jude Law et Colin Farell le remplacent tour à tour), des bourgeoises névrosées, Londres plus belle que jamais, des mafieux russes et un méchant vraiment très méchant.

19096392.jpg-r_760_x-f_jpg-q_x-20090424_100714.jpgMais surtout il y l'imaginarium, cet étrange décor, et derrière le miroir un autre monde, niché dans la tête folle de Parnassus et qui reflète les fantasmagories de ceux qui osent y pénétrer (parfois, il faut bien le dire, contre leur gré).

J'ai adoré les images, le contraste entre la pauvreté des laissés-pour-compte de Londres et les décors mités de la roulotte, face à la luxuriance du monde imaginaire.

Certes, l'histoire semble parfois sans queue ni tête, et on ne peut que rêver à ce qu'aurait fait un Tim Burton de ce film, mais qu'importe : pour quelques heures j'ai retrouvé une âme d'enfant émerveillé, qui applaudit à chaque nouveau miracle.

08 novembre 2009

Diamants sur canapé (Breakfast at Tiffany's)

diamants_sur_canape_breakfeast_at_tiffany_s_1961_diaporama_portrait.jpgJe n'aurai pas dû lire le roman de Truman Capote Breakfast at Tiffany's avant de voir le film.

Ce texte raconte coment Paul, écrivain en panne d'inspiration, rencontre Holly, une très jeune femme fantasque, qui vit aux crochets d'hommes riches. Le roman est court mais je n'avais pas trop accroché. Sans doute trop de détachement. On se doute bien que Paul, le narrateur, est amoureux de Holly, mais ça ne sera qu'à peine suggéré. La fin est assez abrupte : Holly sort de la vie de Paul, qui ne la reverra pas.

18913188.jpg-r_760_x-f_jpg-q_x-20080117_025004.jpgIl parait que Truman Capote n'a pas aimé l'adaptation au cinéma de son oeuvre. Pourtant j'ai adoré Diamants sur canapé.

Audrey Hepburn en Holly est géniale, petit animal sauvage et fantaisiste. Impossible de ne pas tomber sous le charme de son petit minois quand elle débarque à l'improviste chez Paul - qui ici est flanqué d'une "mécène" qui l'entretient.

18913192.jpg-r_760_x-f_jpg-q_x-20080117_025006.jpgHolly est charmante, vit sa vie de bohême dans le désordre le plus complet, sonne chez ses voisins en pleine nuit et tient de grands discours assise dans son évier quand elle est ivre. Elle entraîne Paul dans une journée où ils ne feront "que des choses qu'ils n'ont jamais fait" : boire du champagne avant le petit-déjeuner, voler dans les magasins...et s'embrasser.18913205.jpg-r_760_x-f_jpg-q_x-20080117_025007.jpg

Holly est aussi imprévisible que son chat sans nom, aussi tendre aussi. Face à elle, George Peppard campe un Paul qui se laisse peu à peu attendrir par la seule personne qu'il peut aider et protéger. Holly devra bientôt choisir entre les hommes riches qu'elle courtise sans amour et l'ami aussi pauvre qu'elle qui l'aime profondément.

La happy end, avec la poursuite du chat sous la pluie, est attendrissante. Un très très bon film, comme quoi les classiques me réservent encore plein de bonnes surprises.

 

31 octobre 2009

Week-end

IMGP3707.JPGUn super week-end. Un boulot trouvé.

Une soirée d'Halloween, à bricoler des décorations et à accrocher des toiles d'araignés. Entourée de mon petit frère, de ma meilleure amie et de Tête-de-Manga, que demander de plus ?

Une représentation de la Bohême avec mes berlinois.

Don't fear the reaper...baby I'm your man...

25 octobre 2009

Death note

85v4uzvb.jpgDeath Note est d'abord un manga, adapté ensuite en dessin animé.

Un dieu de la mort s'ennuie et laisse tomber sur la Terre son Death Note ; sur ce cahier, celui qui le possède n'a qu'à marquer le nom d'une personne pour que celle-ci meure aussitôt. Le cahier tombe entre les mains d'un lycéen surdoué, Light, qui y voit une occasion de bâtir un monde meilleur, en supprimant tous les meurtriers et les individus dangereux. Mais bien vite la police est à ses trousses, particulièrement un détective remarquable d'intelligence et dont nul ne connait le visage : L.

20061010041428.jpgC'est mon geek de beau-frère qui m'a passé la première saison des dessins animés. Je l'ai dévoré en deux jours - la faute aux cliffhangers à la fin de chaque épisode.

0787204001247438733.jpg

 

J'aime bien le dieu de la mort qui suit Light comme son ombre, sans jamais prendre parti mais en profitant du spectacle. Par contre je regrette un peu que l'histoire se focalise sur l'enquête policière de L. et les efforts de Light pour lui échapper. Les meurtres de ce dernier ne sont bientôt plus que des indices. J'aurai préfére qu'on insiste davantage sur la mythologie de ces dieux de la mort.

deathnotetributeostnn1.jpgDe même la question de la peine de mort, sous-jacente, est assez peu évoquée : peut-on, au nom de l'ordre publique, éliminer tous les éléments malfaisants d'une société. Light veut être le dieu d'un monde nouveau : sa volonté de bâtir un monde plus juste s'oppose à ses propres méthodes.

Il faut avouer qu'au bout d'un moment la série s'essoufle dans le face-à-face de Light et L. L'idée de faire surgir un autre personnage doté du même pouvoir que Light est une sacrée tarte à ma crème... Mais tant pis ! La série, avec ses épisodes de vingt minutes, se regarde très facilement. A suivre donc.